BABY-BOOMERS : la génération des Trente Glorieuses est sous pression

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Après la Seconde Guerre Mondiale, les taux de natalité dans le monde ont fortement augmenté. L’explosion de nouveau-nés est connue sous le nom de baby-boom. Les baby-boomers constituent aujourd’hui plus de 20 % de la population mondiale.

La génération baby-boomers correspond à la cohorte de personnes nées entre 1946 et 1964.

Il s’agit d’une génération privilégiée qui a connu la paix, la prospérité, le plein emploi et la croyance dans le progrès pendant les Trente Glorieuses (de 1945 à 1973).

Elle a profondément modifié le modèle socio-économique et le système de valeurs fataliste et conventionnel de la génération précédente, la génération silencieuse.

Très ouverte sur le monde, impliquée dans les grandes luttes idéologiques, cette génération va paradoxalement favoriser l’émergence de l’individualisme et la quête du développement personnel. 

La société de consommation devenue modèle de société, ils vont se mettre en quête de réussite sociale. Les valeurs anciennes d’oubli de soi ou de contribution au bien commun vont laisser place à celles de libération, d’estime de soi et de recherche de la réussite individuelle.

Contrairement à la génération silencieuse, les baby-boomers ne se résignent pas au vieillissement. Les baby-boomers sont en relative bonne santé et disposent d’une espérance de vie bien supérieure à leurs parents, usés par le travail et les problèmes de santé.

Ils sont actifs, avides de loisirs, de voyages et de sport. Ils voient la retraite comme porteuse d’opportunités. Ils se sentent jeunes et se soucient de leur apparence.

Fière de son autonomie, cette génération tient à sa liberté et ne compte pas freiner son rythme de vie. 

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Les papys ou mamy-boomers ont néanmoins le sens du devoir familial. Ils prennent une grande part à la solidarité intergénérationnelle. Ils aident leurs enfants à encaisser les crises, tout en conservant les rennes de leur patrimoine.

Jamais aucune autre génération n’a accumulé autant de richesses en aussi peu de temps. Ils détiennent près de 40 % du patrimoine total, toutes générations confondues, même si les dernières cohortes de baby-boomers ne sont pas logées à la même enseigne que les premières.

Pour maintenir leur rythme de vie, les rendements financiers étant faibles, de plus en plus de papy-boomers commencent à piocher dans leur capital. Ils s’appauvrissent peu à peu, leur espérance de vie restante étant de quinze à trente cinq ans.

Le départ à la retraite de cette génération pléthorique et l’allongement de la durée de la vie posent d’inextricables questions de financement du régime des retraites et du système de santé.

Fers de lance de l’économie de la longévité, mais aussi soutien matériel des générations X, Millennials et Centennials, la tentation politique est grande de les mettre à plus forte contribution.

De fait, ponctionner davantage les baby-boomers pourrait avoir pour conséquence de réveiller l’esprit de lutte et de revendication collective de cette génération privilégiée, politisée et émancipée, tombée dans l’individualisme et le carriérisme.

Libérés des préoccupations professionnelles, les baby-boomers, pourraient reformer cinquante ans plus tard leurs mouvements de contestation.

Aller plus loin :

Les grandes générations sociales occidentales du XXe et XXIe siècle

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